The Archive of the Romanian Revolution of December 1989

A Catch-22 December 1989, Groundhog-Day Production. Presenting the Personal Research & Scholarship of Richard Andrew Hall, Ph.D.

Anatomy of a Cover-up (or “Constanta, we have a problem…”)

(To my pleasant surprise, I discovered the AFP (Agence France Presse) Archive online.  I finally dug into my pocket and purchased for approximately 3 euros an article the following articles.)

Anatomy of a Cover-up (or Constanta, we have a problem…):  In the waning days of December 1989 following the execution of Nicolae and Elena Ceausescu on Christmas Day, several high-ranking officials from Romania’s military and commercial navy stationed in and around Constanta recounted to foreign reporters details of what had happened off the Black Sea Coast during the previous week and a half…That they spoke out of turn and were entirely too honest could be surmised by the effort of Bucharest–and those directly charged with the overall governance and defense of the country–to deny the revelations out of Constanta.  It was the beginning of the cover-up of the Counter-Revolution of December 1989 and it was done precisely because of the involvement of foreign mercenaries in fighting side by side with elements of the Securitate who opposed the ouster of Nicolae Ceausescu.  (So, indeed, the cover-up was initiated by Romania’s new civil and military leaders to avoid international ramifications (the ultimate state function, regardless of regime, in a world of nation-states)…it would be continued by others.)

One wonders what would have happened had this series of reports been laid out in sequence and analyzed as a sequence.  There seems to have been more coverage of them (abroad) in the Budapest (see below), rather than Bucharest, press.  One of the few references in the literature on December 1989 is on page 66 of Nestor Ratesh’s Romania: The Entangled Revolution (1991), where Ratesh notes a (31 December 1989) Agence France Presse dispatch citing the office of naval commander Constantin Iordache on Soviet and Bulgarian information that helicopters were being launched by suspicious ships approximately 60 miles off the coast, as well as a later denial by other Romanian authorities of the existence of these helicopters.  As one can see below, the five AFP reports on the subject, from 30 and 31 December 1989, and 2 and 3 January 1990, are far more detailed, diverse, and damning than Ratesh’s allusion would suggest.

The Lushev quote cited above comes from Jean Paul Mari, “Le Coup d’Etat qui n’a jamais eu lieu,” Nouvel Observateur, 17-23 mai 1990.

Securitate Helicopters, Transmitters (per Hungarian Defense Officials) https://romanianrevolutionofdecember1989.com/securitate-helicopters-transmitters-per-hungarian-defense-officials/

Ceva era putred in Dobrogea…  / https://romanianrevolutionofdecember1989.com/ceva-era-putred-in-dobrogea

Teroristii din decembrie 1989: “Camasile Negre” / “A Fekete Ingesek” / “The Black Shirts” (USLAC) https://romanianrevolutionofdecember1989.com/2011/08/25/teroristii-din-decembrie-1989-camasile-negre-a-fekete-ingesek-the-black-shirts-uslac/

Foreign intervention https://romanianrevolutionofdecember1989.com/foreign-intervention/

Note:  Not everything at this point had “disappeared”:  General Vasile Ionel confirmed that the terrorists had used foreign arms (arms not produced in Warsaw Pact countries, as he specified) and that they used munitions outlawed by international conventions, for example exploding DUM-DUM bullets (“balles explosives”).

https://romanianrevolutionofdecember1989.com/zz-ro-259-and-the-end-of-the-end-of-the-end/

Talk about a clear example where the stupidities about Front and/or Army “disinformation” “inventing the terrorists” cannot explain behavior and fall apart miserably:  The case of the comments of military commanders on the Black Sea coast during the period 29-31 December 1989…and the reaction of senior military authorities in Bucharest who realized those revelations could cause international problems for Romania’s new leaders and thus needed to quash the truth as quickly as possible.

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©AFP Général – Lundi 25 Décembre 1989 – 08:33 – Heure Paris (386 mots)
Roumanie, prev Nuit de Noel a l hopital central de Timisoara De l un des envoyes speciaux de l AFP, NICOLAS MILETITCH
   TIMISOARA (Roumanie) 25 dec – Devant l hopital central de Timisoara, dimanche soir, une quarantaine de camions remplis de medicaments et de produits alimentaires tout juste arrives, attendaient d etre decharges.
   ” L aide nous vient d un peu partout. Hongrie, RFA, Tchecoslovaquie, France, Yougoslavie, URSS, Bulgarie, Italie… ” , indique a l AFP l un des soldats qui gardent l hopital. Les militaires sont partout autour de l hopital, sur les toits, dans les cours et meme a l interieur.
   ” Des hommes de la Securitate ont tire pres de l hopital a plusieurs reprises, ces dernieres heures ” , explique le docteur Aurel Mogosianu, chef du service de soins intensifs, en donnant des ordres a un soldat qui passe, la mitraillette a l epaule, dans un couloir, entre les malades.
   Le Dr Mogosianu, qui a une trentaine d annees d experience, pense que certaines blessures particulierement horribles, n ont pu etre provoquees que par des balles explosives tirees contre les manifestants.
   Dans une salle de soins intensifs, une femme de 23 ans essaie de parler au docteur, puis renonce. ” C est un cas difficile. Elle a eu le dos transperce par une rafale ” , precise le Dr Mogosianu.
   En bougeant a peine la main, la jeune femme esquisse le ” V ” de la victoire pour dire ” au revoir ” . Un effort irrealisable pour son voisin qui a recu une balle dans le cou, impossible a extraire.
   Comme la plupart de ses collegues, le docteur travaille, a peu de choses pres, 24 heures sur 24 depuis le debut des evenements. Dans un coin, une infirmiere dort, ecroulee sur une chaise.
   Pour faire face a l afflux de blesses, la television de Bucarest a demande a tous les etudiants en medecine du pays de se rendre dans les hopitaux de la capitale et de Timisoara, ou la situation est la plus critique.
   Victor Jancu, 20 ans, a entendu cet appel. Dans la nuit de vendredi a samedi, il a quitte Cluj et reussi a rejoindre Timisoara, a plus de 300 kms de la, en arretant des camions.
   Quelques visiteurs arrivent a l hopital, portant a la main une petite branche de sapin : a Timisoara aussi, on voudrait feter Noel.
   nm/jga/vr.
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©AFP Général – Mercredi 27 Décembre 1989 – 18:14 – Heure Paris (671 mots)

Roumanie Sibiu
Sibiu, la ville ou les combats ont ete les plus violents de l un des envoyes speciaux de l AFP, NICOLAS MILETITCH
   SIBIU (Roumanie) 27 dec – Sibiu, dans le centre de la Roumanie, est indubitablement la ville ou les combats entre l armee et la Securitate, fidele a Nicolae Ceausescu, ont ete les plus violents. C est la que Nicu, fils du dictateur, etait chef du parti.
   Des maisons totalement detruites et calcinees dont il ne reste plus que les murs, des eclats de verre partout dans les rues, des toits eventres par des tirs de grenades et par les mitrailleuses des tanks, des voitures et blindes brulant encore en travers de la route: tel etait le spectacle de desolation qu offraient mercredi plusieurs quartiers de Sibiu, a constate un envoye special de l AFP.
   Du 22 au 25 decembre, les affrontements se sont concentres aux abords des trois ecoles militaires de Sibiu, du siege de la police et de celui de la Securitate. Il ne reste plus grand-chose des deux batiments a trois etages qui abritaient la police et les services secrets. Les fenetres ont vole en eclats. Toutes les maisons des alentours, ou s etaient retranches les agents de la police secrete, portent d innombrables traces, et, dans la cour de la police, un blinde leger calcine est observe avec curiosite par les passants.
   ” C etait la guerre ici, avec des tanks, des balles explosives et des unites de commando. C est ici que Nicu Ceausescu a essaye de lancer une contre-offensive contre nous ” , souligne un militaire qui garde maintenant les lieux.
   Lynchages.
   Devant cet immeuble, une centaine de personnes commentent a haute voix un extrait des archives qu elles viennent de decouvrir: les fiches de renseignements que la Securitate avait etablies sur chaque habitant de Sibiu. ” Ecrit a un cousin en Suisse. Propos sans importance. Pendant son service militaire, ne frequentait que des soldats d origine allemande comme lui ” , est-il indique sur une de ces fiches qui comportent de nombreux renseignements personnels, certaines remontant a 1958.
   Dans la foule, on raconte comment une dizaine de Securistes (agents de la Securitate) arretes pendant les affrontements de ces derniers jours ont ete lynches par la population qui les a tues a coups de pied et de poing: ” Nous n avons pas de mots pour qualifier ces gens de la Securitate, ils sont pires que des monstres ” , dit une dame d une cinquantaine d annees, qui s interrompt et fond en larmes. Certains ont reussi neanmoins a conserver un certain sens de l humour noir: ” Quand les voitures de la Securitate ont ete brulees devant chez moi, j ai pense que c etait bien la premiere fois qu il faisait chaud dans mon appartement ” , a declare a l AFP une habitante de Sibiu, en faisant allusion a l impossibilite pour les Roumains de se chauffer en raison des restrictions.
   Les combats ont egalement ete tres durs dans le centre de Sibiu. Le principal hotel de la ville, le ” Continental ” , n a plus de fenetres sur cinq etages, et des traces de balles sont visibles jusqu au 11eme etage.
   ” Les Securistes avait pris position dans l hotel et avaient rempli deux etages de munitions ” , explique un employe de l etablissement. Des incendies ont eclate dans certaines chambres, touchees par des balles incendiaires. Face a l hotel, un panneau est reste accroche a un lampadaire: ” Militaires, ne tirez pas sur nos freres et nos parents. L armee est avec nous ” .
   Dans les rues de Sibiu, ou de tres nombreuses vitrines sont recouvertes de carton, la population vaquait normalement a ses occupations mercredi soir. Patrouilles de militaires, blindes legers et ambulances croisaient des voitures portant des cercueils sur le toit et des camions apportant de l aide alimentaire et medicale de Hongrie, de Tchecoslovaquie et de RFA.
   Sibiu pense deja a renaitre de ses cendres: malgre le froid tres vif, des equipes de nettoyage et de vitriers travaillaient tard dans la soiree dans la ville.
   nm/chm.
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©AFP Général – Mardi 2 Janvier 1990 – 14:22 – Heure Paris (298 mots)

Roumanie Securitate
Il ne faut pas considerer les troupes de la Securitate comme des terroristes, selon le chef d etat-major roumain
   PARIS 2 jan – Les membres de la Securitate, la police politique de Nicolae Ceausescu, ne sont pas dans leur majorite des ” terroristes ” , ceux- ci se recrutant dans la garde personnelle de l ancien dictateur, a affirme mardi le general Vasile Ionel, chef d etat-major de l armee roumaine.
   ” On n a pas le droit de considerer les troupes de la Securitate comme des terroristes ” , a declare a Radio France Internationale M. Ionel, adjoint du ministre de la Defense le general Nicolae Militaru. Pour le general Ionel, ” la majorite de la Securitate est devouee au peuple ” .
   Il a ajoute que lorsque M. Ceausescu avait donne l ordre de tirer sur la foule a Bucarest, le 22 decembre, ” certaines unites de la Securitate ont tire, mais il y en a eu d autres qui n ont pas tire ” .
   Le lendemain, quand le chef de la Securitate a lance a la radio l ordre de ne plus participer aux combats, ” toutes les unites de la Securitate sont retournees dans les casernes ” , a declare le general Ionel, ajoutant que ce sont des membres de la garde personnelle de Ceausescu, evalues a ” plusieurs centaines ” qui ont poursuivi les combats.
   L armee, a-t-il dit ” ne soupconnait auparavant ni le nombre ni l efficacite de ses hommes – des tireurs d elite – ni la nature du materiel. “.
   Interroge sur la provenance de leurs armes, le general Ionel affirme qu elles ne viennent ” d aucun pays du Pacte de Varsovie ” , sans toutefois preciser leur origine. Il ajoute en revanche que les ” terroristes ” ont utilise certains types d armements interdits par les traites internationaux, des balles explosives par exemple.
   ps/af.
©AFP Général – Samedi 30 Décembre 1989 – 12:28 – Heure Paris (310 mots)

Roumanie mercenaires
Temoignages sur la presence de mercenaires etrangers en Roumanie
   BUDAPEST 30 dec – La presence de mercenaires etrangers en Roumanie, notamment de differents pays arabes et de l Iran, est hors de doute, selon le correspondant de l agence hongroise MTI a Bucarest largement cite dans la presse hongroise samedi.
   Toutefois, aucun ” mercenaire etranger ” n a jusqu a present ete identifie, presente a la television, ou interviewe a la radio.
   ” La participation d unites militaires etrangeres aux combats en Roumanie est un fait ” , selon le correspondant qui se refere aux temoignages de soldats roumains qui ont ” neutralise ” un groupe de 27 ” terroristes ” iraniens. Un des prisonniers a admis, selon le correspondant, que le commando ” etait venu directement de l Iran ” .
   Il etait connu, selon le correspondant de MTI, que quelque 12.000 etudiants etaient inscrits aux differentes hautes ecoles et universites roumaines et que des ” camps ont existe en Roumanie pour l entrainement d unites speciales au compte de differents pays arabes ” . Un de ces camps etait situe a proximite de Bucarest, dans la ville de Snagov, mais il en existait d autres un peu partout dans le pays, precise le correspondant toujours en reference a des recits de soldats roumains.
   Le correspondant de MTI revele egalement l existence d unites speciales de la Securitate nommees les ” Chemises Noirs ” qui fonctionnaient selon l exemple de la Loge P-2 (Loge maconnique clandestine italienne). Les plus hauts dirigeants roumains ont appartenu a cette loge clandestine dont notamment l ancien ministre de l Interieur, Tudor Postelnicu, un des chefs de la Securitate, le vice-premier ministre Ion Dinca et le fils du dictateur roumain dechu, Nicu Ceausescu. La Securitate etait divisee en 17 unites surveillant toute la Roumanie. Ses bases se trouvaient generalement dans des villas de luxe, precise le correspondant de MTI a Bucarest.
   ph-wb/nev/nl.
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©AFP Général – Lundi 25 Décembre 1989 – 19:13 – Heure Paris (679 mots)
Roumanie, prev Dans un train de Noel: psychose des tireurs isoles et chasse aux hommes de la Securitate de l un des envoyes speciaux de l AFP, Jean-Anne CHALET
   A BORD DU TRAIN TIMISOARA-BUCAREST 25 dec – Dans le premier train de Noel entre Timisoara (ouest de la Roumanie) et Bucarest, les voyageurs partagent le pain et le sel et sont deja entres dans l ere de l ” apres-Ceausescu ” .
   Malgre la psychose des tireurs isoles, ce sont les agents de l ancien regime, les hommes de la Securitate, qui sont devenus les pourchasses, apres avoir ete chasseurs pendant des annees.
   Ces hommes, les plus craints de l ancien appareil repressif de Nicolae Ceausescu, qui continuent a resister dans plusieurs villes de Roumanie, sont traques. Lundi, deux d entre eux ont ete arretes par une garde patriotique dans la gare de Timisoara, la cite martyre, ou l on a denombre, selon les dernieres estimations, pres de cinq mille morts.
   Mais ils continuent de faire peur. Toute la nuit de Noel, les tirs ont ete incessants dans le centre de Timisoara, et lundi matin, il etait pratiquement impossible de circuler a pied ou en voiture.
   Pour gagner la gare a pied, l envoye special de l AFP a essuye le feu de tireurs isoles et il a fallu que les soldats interviennent au fusil mitrailleur pour le couvrir. Le train est parti de Timisoara avec une demi-heure de retard, apres l arrestation des deux agents de la Securitate. En cours de route, une bombe a ete decouverte dans le convoi et tous les voyageurs invites a descendre. Le wagon ou se trouvait l engin a ete detache du train.
   Les nouvelles sur un transistor.
   Dans la plupart des gares traversees, les references a l ancien regime avaient ete effacees, les drapeaux bleu-jaune-rouge de la Roumanie comportaient un grand trou au milieu, la ou figuraient jadis les emblemes du communisme. Des inscriptions aussi un peu partout : ” Mort au tyran ” , ” Vive la Roumanie libre ” .
   Dans ce compartiment, voyagent ensemble un ingenieur de 60 ans, un ancien architecte devenu tanneur par la force des choses, un jeune garde patriotique, un camionneur et un paysan.
   Le pain et le sel ont ete partages entre tous dans cette journee de Noel, et les informations captees sur un transistor commentees en termes severes. Tous sont d accord pour estimer que Ceausescu et son clan s etaient rendus responsables de veritables atrocites durant les 25 ans ou ils ont ete au pouvoir. ” Notre pays etait une sorte de bagne. Non seulement nous n avions aucune liberte, mais en plus, le tyran a fait executer beaucoup de Roumains, uniquement parce qu ils avaient ose resister ou discuter les ordres ” , declare le tanneur. ” Il poursuit son action criminelle encore aujourd hui, alors qu il a ete arrete, a travers les activites de la Securitate, qui mettent le pays a feu et a sang ” , surencherit l ingenieur.
   Tout le monde sous les banquettes.
   A ce moment, comme pour donner plus de poids a ces propos, une rafale d arme automatique est tiree le long de la voie, obligeant tout le monde a se cacher sous les banquettes. Nouvelle alerte quelques kilometres plus loin, avec arret force, controle de toutes les identites, et cinq interpellations de voyageurs d origine arabe.
   La psychose des mercenaires qui seraient a la solde de l ancien dictateur, ajoutee a celle des hommes de la Securitate, a cree, dans toutes les regions traversees par le train, une nervosite tant dans les rangs de l armee que parmi les gardes patriotiques. Cette affaire de mercenaires evoquee dimanche soir a Timisoara, au cours d une conference de presse par le commandant local des gardes patriotiques, a pris de l ampleur au cours de la journee de lundi, et diverses radios ” libres ” locales, captees dans le train, y ont fait allusion.
   Apres plusieurs haltes de controle, le train de Noel de Timisoara est arrive a Bucarest avec deux heures de retard et les impacts des rafales tirees durant le voyage.
   JAC/PSR/chm.
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©AFP Général – Lundi 25 Décembre 1989 – 20:10 – Heure Paris (191 mots)

Roumanie Securitate
Une grande base d helicopteres en Roumanie serait aux mains de la Securitate, selon Budapest
   BUDAPEST 25 dec – Une importante base d helicopteres en Roumanie serait aux mains de la Securitate, la police secrete de Ceausescu, a declare lundi le porte- parole du ministere hongrois de la Defense a la television hongroise.
   Le colonel Gyorgy Keleti n a pas precise le nom de cette base, indiquant seulement qu elle se trouvait en Roumanie, a une centaine de km de la frontiere hongroise.
   ” Il semble que cette base soit aux mains des terroristes ” (la Securitate), a declare le porte-parole en rappelant que des helicopteres roumains avaient viole l espace aerien hongrois plusieurs fois ces derniers jours.
   D autre part, le colonel Keleti a annonce que l organisation caritative de l ordre de Malte avait recu l autorisation exceptionnelle de monter une station de radio sur la base militaire hongroise de Szeged, toute proche de la Roumanie. Cette station vise a assurer les communications entre l organisation et son siege en RFA, afin de faciliter la logistique de l acheminement des dons vers la Roumanie.
   rb/ph/chm.
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©AFP Général – Lundi 25 Décembre 1989 – 19:28 – Heure Paris (539 mots)
Roumanie Securitate, prev Les hommes de la Securitate attaquent encore l armee mais cherchent surtout a fuir De l un des envoyes speciaux de l AFP, Nicolas MILETITCH
   MOLDOVA-NOUA (Roumanie) 25 dec – Des commandos de la Securitate ont attaque des unites militaires lundi, en fin de matinee, a Resica et Oravita, dans le sud du pays, mais divers indices indiquent que leur objectif reste principalement de quitter le pays.
   D autres affrontements armes ont ete egalement observes lundi a Tournu Sevrin, plus au sud, de l autre cote de la chaine des Carpates meridionales, et les routes de la region sont peu sures, a indique a l AFP un officier de l armee a Moldova-Noua.
   Selon des sources militaires, il y a eu d autres affrontements de l autre cote du pays, a Constanza, sur la Mer Noire.
   Sur les routes, les controles, souvent nerveux, effectues par les militaires et les patrouilles populaires, nombreux et minutieux, notamment a proximite de la frontiere, temoignent de la confusion qui regne encore dans plusieurs regions ou des commandos de la Securitate menent des actions isolees.
   La chasse a l homme se poursuit en Roumanie pour s emparer des derniers elements de la Securitate, qui tentent de fuir le pays, sans doute peu nombreux, mais bien equipes et entraines.
   Plusieurs d entre eux ont ete arretes en Yougoslavie, dans l apres- midi, pres de Klodovo, par les unites speciales de la police yougoslave envoyees sur place depuis quelques jours. Ces agents de la Securitate emportaient avec eux d importantes quantites d or.
   Dirigeants locaux elus.
   D autres se cachent encore dans les forets de la region, a-t-on indique a l AFP de source policiere. Sur la route qui longe le Danube entre Pojejenea et Macesti, des militaires, arme au poing, arretent les voitures.
   ” Beaucoup de terroristes (agents de la Securitate) tentent de passer de l autre cote en Yougoslavie ” , explique l un d eux. Juste retour des choses, l extraordinaire dispositif (barbeles, miradors, postes de garde tous les cent metres), mis en place par la police le long du Danube pour empecher les Roumains de fuir vers la Yougoslavie, est aujourd hui un obstacle supplementaire pour les agents de la police secrete aux abois.
   Il faudra sans doute encore attendre quelques jours pour que soient liquidees les dernieres poches de resistance, les agents de la Securitate risquant de manquer bientot de munitions, ont souligne a l AFP plusieurs officiers charges d assurer la securite dans la region.
   Si la situation n est pas encore completement sous le controle des nouvelles autorites et de l armee, sur la route (la circulation de nuit reste fortement deconseillee) et dans certaines villes, la vie semble revenir a la normale a peu pres partout ailleurs.
   ” Une nouvelle administration est deja mise en place dans notre region. Nous recevons nos instructions par la radio et la tele de Bucarest, et la vie a repris son cours ” , declare le directeur des Mines de Moldova-Noua, Ionec Danciu. Les nouveaux dirigeants de la ville ont ete elus librement par leurs citoyens . ” C est bien la premiere fois ” , releve Ionec Danciu, et parmi eux, se trouvent meme des membres du Parti communiste.
   NM/PSR/chm.
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©AFP Général – Mercredi 10 Janvier 1990 – 12:25 – Heure Paris (500 mots)
Roumanie medecine, lead Cinq jeunes Roumains, blesses durant les evenements, hospitalises a Marseille
   MARSEILLE 10 jan – Les premiers Roumains rapatries en France depuis les recents evenements, quatre hommes et une femme grievement blesses par balles a Bucarest et a Timisoara, sont arrives dans la nuit de mardi a mercredi, a Marseille, ou ils ont ete hospitalises.
   Ces personnes, rapatriees par un Transall de l armee francaise qui avait ete specialement affrete, ont ete admises dans cinq des onze etablissements de l Assistance publique de Marseille. Aucune indication n a ete fournie sur ces hopitaux, ni sur la nature precise des blessures.
   Selon le docteur Richard Domergue, responsable adjoint du SAMU de Marseille, qui a dirige ce rapatriement, la femme et ses quatre compatriotes, ” atteints par des projectiles de guerre dum-dum (NDLR: balles entaillees en croix, de maniere a provoquer de larges dechirures), souffrent de graves problemes fonctionnels mais nullement vitaux ” , a-t-il declare a l AFP.
   Le docteur avait ete avise de cette evacuation sanitaire, dans la nuit de lundi a mardi, par un telex de la cellule interministerielle de crise, mise en place par le gouvernement francais depuis des evenements en Roumanie.
   L equipe du SAMU, constituee de deux medecins et de deux infirmieres, a ete acheminee jusqu a Bucarest ou l attendait le Dr Lamare, de la cellule logistique en place a l ambassade de France.
   Quelques heures plus tard l avion, transportant les cinq blesses, places sous perfusion, se posait sur la base aerienne d Istres (Bouches-du-Rhone) ou attendaient des ambulances.
   Arrives a l hopital de la Timone, vers minuit, les Roumains, ages de 20 a 35 ans et parlant seulement leur langue natale, ont ete repartis dans divers etablissements, ” en fonction des places disponibles et des besoins medicaux : traumatologie, micro-chirurgie, orthopedie ” .
   ” Ces personnes ont ete atteintes lors de manifestations de rue pacifiques, par un ou deux projectiles, selon les cas, a explique le Dr Domergue. Elles presentent de grosses lesions pouvant entrainer la paralysie de membres ” . Elles vont subir un bilan de sante complet qui permettra notamment d etablir les risques eventuels de sequelles.
   Ambiance soixante-huitarde a Bucarest, selon le medecin marseillais.
   Il a precise que la femme a ete blessee lors de la manifestation de rue du 17 decembre a Timisoara. ” Elle a raconte avoir ete admise dans un hopital d ou elle a du etre evacuee apres que des tirs eurent ete entendus dans l etablissement ou des hommes de la Securitate achevaient des blesses ” , a rapporte le Dr Domergue.
   Il regne a Bucarest, selon le medecin marseillais, ” une ambiance soixante-huitarde, un peu revolutionnaire. On sent une certaine exhaltation et il y a beaucoup de mouvements dans les rues ” , a-t-il temoigne. Il a souligne ” la chaleur touchante ” manifestee par les Roumains a l equipe medicale francaise. ” Ils ont une confiance totale en nous. Nous ne pouvons pas les decevoir. Nous allons les dorloter, ca parait le minimun ” , a-t-il assure.
   JLL/dv.
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©AFP Général – Mardi 6 Mars 1990 – 13:52 – Heure Paris (482 mots)

Roumanie medecine
De nombreux blesses du 21 et 22 decembre ont ete touches dans le dos ou a bout portant
   BUCAREST 6 mars – De tres nombreux blesses lors des affrontements des 21 et 22 decembre a Bucarest ont ete touches par des balles qui ont ete tirees de dos, parfois a bout portant, ainsi que par des balles dum-dum, a constate la Societe de Chirurgie de la capitale roumaine.
   La societe s est reunie a deux reprises, les 15 fevrier et le 1er mars dernier, sous la presidence du lieutenant-general Traian Oancea, chef de la 2e section de chirurgie de l Hopital militaire central de Bucarest.
   Au cours de ces travaux, menes ” scientifiquement ” , a precise mardi a l AFP le chef du service de chirurgie de l hopital de Colcea (centre de la ville) le dr Nicolae Constantinescu, les experts en balistique ont pu determiner qu un pourcentage important de blessures par balles avaient ete causees non par des balles de guerre mais par des balles coupees ou trafiquees.
   Les blessures observees etaient en effet non pas des trajectoires rectilignes, comme c est le cas en general pour les balles de guerre normales, mais des cavites creusees dans les tissus par l eclatement du projectile a son impact, resultant d une balle aplatie ou cisaillee s ecrasant sur le corps au lieu de le penetrer. ” Nous avons effectue 930 interventions dans la capitale sur des blessures par balle ” , a precise le docteur Constantinescu.
   la peur.
   ” Apres discussion entre nous, nous sommes en mesure de dire qu il ne s agit pas d affrontements mais d un crime organise contre le peuple. D autant, ajoute-t-il en parlant des cas qu il a traites lui-meme a l hopital Colcea, que 60% des plaies etaient dans le dos ou sur le flanc, et non de face, et que 10 a 15% des coups avaient ete tires a bout portant, avec des calibres 9 et 6,35mm ” .
   Le premier jour des affrontements, le 21, la majorite des blesses etaient des jeunes. ” Ils avaient tellement peur qu ils ne demandaient meme pas des calmants apres l anesthesie ” , ajoute le docteur qui cite le cas du danseur roumain de l Opera de Paris Vlad Stoinescu, blesse devant l hotel intercontinental : ” une balle l a touche au flanc, lui traversant l abdomen. La peur lui a fait parcourir tout seul les 300 metres le separant de notre hopital, ou il a donne son nom avant de s evanouir ” .
   Par ailleurs, les analyses de sang effectuees sur ces jeunes blesses ont fait decouvrir un taux anormalement bas de proteines dans le sang : 5 a 6 grammes pour cent au lieu de 7,3. ” C est la preuve de leur malnutrition, ils n avaient pas du manger de viande et de fromage depuis six mois pour la plupart ” , a ajoute le medecin.
   BAY/ave.
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©AFP Général – Jeudi 5 Avril 1990 – 17:27 – Heure Paris (504 mots)

Roumanie justice
La repression escamotee dans le proces du general Ceausescu
   BUCAREST 5 avr – Le proces du general Nicolae-Andruta Ceausescu, frere du dictateur roumain, continue a donner l impression que la repression qui a fait des dizaines de morts et des centaines de blesses le 21 decembre pres de l hotel Intercontinental a Bucarest etait le fait d un homme seul, tirant avec un pistolet.
   Oubliees les centaines de personnes touchees par balles, les blessures a la balle dum-dum, les manifestants abattus a bout portant, selon les expertises des medecins et chirurgiens de l hopital Coltea.
   Au quatrieme jour des debats, devant le tribunal militaire de Bucarest, un seul temoignage, aussitot interrompu par le procureur militaire, a fait etat de l utilisation de leurs armes par des ” hommes en civil venant du service d ordre ” .
   Apres une vingtaine de temoins interroges depuis mardi matin, tous membres de l Ecole de la Securitate que commandait le general Ceausescu et presentant la meme version monocorde qui vise a innocenter en bloc l Ecole a l exception du general, le colonel Teodor Amariucai, premier officier de l armee -et non de la police- appele a la barre a cree la surprise en donnant sa version des affrontements du 21.
   ” Vers 19H30, une deuxieme serie de rafales de sommation tirees en l air par l armee, pour faire reculer les manifestants boulevard Balcescu, a provoque la confusion dans la foule, de nombreux manifestants se couchant a terre pour se proteger ” , a-t-il dit.
   contrepartie.
   ” C est alors que de nombreux civils en manteau, surgissant de derriere le cordon des forces de l ordre ou j etais, l ont traverse pour se lancer vers les manifestants. Certains matraquaient ceux qui etaient a terre, d autres tiraient de dessous leur manteau sur ceux qui s enfuyaient, on voyait leur poche tressaillir a chaque coup. J ai vu des flaques de sang, et des morts qu on trainait vers une camionnette.. “.
   Double intervention du procureur et du president du tribunal: ” ces faits font l objet de poursuites judiciaires, et seront penalement sanctionnes. Revenons aux faits concernant l inculpe ” .
   Officiellement, dans le cadre de ce proces, les temoignages se concentrent donc sur un ” fait divers ” , celui d un general se jetant sur la foule avec son pistolet d ordonnance ” sous l emprise d une crise de diabete ” .
   Deux nouveaux temoignages ont ” confirme ” jeudi que le general Ceausescu avait ” perdu le controle de lui-meme ” , notamment celui de son chauffeur, l adjudant Ion Turcin, qui dit que le general a braque son arme sur lui.
   Le general ecoute les temoins, tantot avec agacement, tantot avec indifference, mais sans rien ajouter.
   Les observateurs en viennent a se demander si le general n a pas d avance accepte de ne mettre personne en cause, parmi les personnes qui ont participe avec lui a la repression, pour obtenir en contrepartie des garanties pour lui ou, plus vraisemblablement, pour son epouse malade, son fils, sa fille et ses petits-enfants.
   BAY/ccd.
Tous droits réservés : ©AFP Général
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Magyar forrasok

Otto Oltvanyi, “A Securitate,” Nepszabadsag, 30 December 1989 (this is the apparent source of the AFP dispatch citing MTI, above).

“Securitate-menekules:  a Fekete tenger fele?” Magyar Nemzet, 28 December 1989.

Magyar Nemzet, 2 January 1990, p. 2.

Nepszava, 2 January 1990

Magyar Nemzet, 3 January 1990, p. 2.

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22 Responses to “Anatomy of a Cover-up (or “Constanta, we have a problem…”)”

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